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Témoignage Post confinement #2

Témoignage post confiné #2 - Jérémie – Patron du Poele de la Bête


Jérémie, Patron du Poele de la Bête

La fermeture

Le Bar a fermé le 14 mars à minuit suite aux annonces du gouvernement le soir même à 20h.

Cette annonce était une véritable déconvenue. Une obligation de fermeture le jour même entraine pour tous les restaurateurs une perte sèche de tous les produits périssables. La première chose que Jérémie (« Jer ») s’est dite à ce moment-là « Le gouvernement ne prends pas la mesure de ses annonces et nous condamne à la destruction d’une partie de notre stock ».

En tant que patron de bar à bière, « Jer » se pose aussi la question de la tenue de ses futs. Peuvent-ils « survivre » à presque 3 mois de confinement, c’est-à-dire, ne pas poursuivre leur fermentation et se dénaturer ? Bref « Jer » s’inquiète de sa capacité à rouvrir le jour venu.

En tant que restaurateur, il a fait le maximum pour sauver les aliments frais qu’il pouvait conserver en congélation comme la viande.


Le côté positif, selon lui, de l’action du gouvernement est sa volonté de sauver les emplois. Le chômage partiel est un formidable outil pour éviter le licenciement ou la banqueroute, d’autant plus qu’il est assuré, même partiellement, jusqu’en septembre. Quid des artisans et des dirigeants de TPE et PME ? En effet, 2 millions d’artisans et de commerçants sont encore dans le flou, et les aides versées couvrent à peine les charges.

Pour sa part, Jer a perçue 1500 euros d’aide par mois pour son entreprise, ce qui couvre juste ses charges, et l’URSSAF lui a versé 966 euros sur les 55 jours de confinement. Cela reste peu pour pouvoir payer deux mois de loyer et se nourrir correctement.


Le confinement

« Je me suis confiné chez moi, à Toulouse. Mon colocataire s’étant confiné dans sa famille, j’ai adopté une solitude forcée. Rapidement, j’ai pris l’habitude de faire une petite sortie tous les matins afin de passer au resto pour contrôler les congélateurs et les réfrigérateurs. Malgré cela, les journées sont vite devenues longues. Même si je suis plutôt solitaire en dehors du bar, le confinement c’est long, surtout vers la fin ». Jer a finalement trouvé une occupation en s’adonnant plusieurs heures par jour à une ancienne passion dévorante, le jeu « World Of Warcraft ».


Le stock diminue

L’inquiétude de la reprise

La première interrogation de Jérémie concernait sa trésorerie. « Redémarrer un commerce vide, c’est assez compliqué ». Son inquiétude a été de courte durée, sa banque a rapidement accepté le prêt qu’il a souscrit.

Quid des semaines à venir ? « L’Etat a instauré un climat de méfiance entre les gens et a détruit une partie de notre système de santé. Dans une certaine mesure, il a prouvé son incapacité à gérer cette crise. »

Bien que la réouverture des commerces de bouche soit maintenant officielle (2 juin 2020), Jer se demande si les conditions d’ouverture, l’organisation à déployer pour respecter les geste barrières et l’affluence permettront de renouer avec un chiffre d’affaire suffisant ?


Corry Cheffe du Poele

En attendant, dès le 11 mai, il a opéré une réouverture partielle de son établissement. Tous les soirs de la semaine, il propose des bières bouteilles à emporter et des paniers repas. Le dimanche matin, il propose son brunch à emporter. Même s’il est encore en fermeture administrative sanitaire imposée, il a le droit de faire de la vente à emporter. Pour être dans les clous de la loi, Jer a fait signer une note d’information à ses chefs de cuisine pour leur reprise, précisant les conditions de travail et les gestes barrières à respecter.

Lors de notre entretien le 25 mai, son stock de bouteilles avait considérablement diminué. Alors que les clients ne sont plus beaucoup dans les rues, un petit nombre d’habitués continue a lui être fidèle et vient régulièrement pour lui prendre quelques bouteilles fraiches et des petits paniers à déguster.

Quelques incompréhensions persistent quant aux possibilités de réouverture des restaurants. En effet, l’hygiène est un prérequis à la gestion et au fonctionnement d’une cuisine. Les cuisiniers ayant suivi une formation en bon et due forme maitrisent les conditions strictes d’hygiène à mettre en œuvre pour faire fonctionner une cuisine seine.

L’équipe de Jer est donc d’ores-et-déjà prête et sur les starting-block pour la réouverture qui se profile le 2 juin.

Jérémie attend


En attendant, la cuisine prend des airs d’espace de création. La cheffe teste des plats avec les produits quelle peut se procurer. Elle taille sa carte dans un objectif de maitrise des coûts au plus juste. L’idée étant de pouvoir maitriser au mieux les coûts et favoriser le redémarrage de l’établissement.

Lors de la publication de ce témoignage, son établissement a ouvert dans de bonnes conditions. Mais lors de notre entretien, Jer avait quelques craintes sur les conditions de cette réouverture. Notamment, quelles seraient les mesures a appliquer ? Est-ce que les clients seront au rendez-vous ? Est-ce qu’il sera en capacité de faire le chiffre d’affaire nécessaire à faire tourner l’établissement ?

Toutes ces interrogations restent encore valables, même s’il faut bien le constater, les terrasses ont été prises d’assaut mardi 2 juin 2020, pour le plus grand bonheur des restaurateurs et des tenanciers.

Tireuse confinée

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